Filtrer
antoine d' agata
-
Un endroit inconvénient
Jonathan Littell, Antoine d' Agata
- Gallimard
- Blanche
- 29 Septembre 2023
- 9782073036841
Photographies d'Antoine d'Agata
-
Mille vies : récits depuis la prison
Antoine d' Agata, Tania Bohorquez
- ICI-BAS
- Les Reveilleurs De La Nuit
- 11 Octobre 2024
- 9791090507487
Ce sont mille vies en une seule, des histoires de gamins aux tumultes de l'adolescence, des galères vécues et des rebellions, et toujours la prison, dont il est difficile de sortir. Sincère, poignant, drôle, Mille vies est un récit choral écrit par 82 prisonniers et prisonnières, qui racontent leur parcours et le quotidien carcéral. À travers ce recueil de témoignages qui se lit comme un roman noir, on découvre la prison dans toute sa violence, ses injustices, mais aussi ses joies et ses sagesses. Cela nous conduit à réfléchir à la place qu'elle prend dans nos sociétés, au Mexique comme en France. Le livre est illustrés par un grand nombre de gravures, reprenant des photographies d'Antoine d'Agata.
-
Les fleurs du mal de Charles Baudelaire
Antoine d' Agata
- THE EYES PUBLISHING
- 15 Novembre 2021
- 9791092727319
Cette version complète et non-censurée des Fleurs du mal de Baudelaire est illustrée de gravures d'Antoine D'Agata qui a choisi parmi les photos les plus marquantes de sa carrière celles qui, une fois transformées en gravures, pourraient le mieux s'adapter à l'univers sombre et torturé du poète.
-
Cinq itinéraires de deux semaines chacun, documentant le parcours de migrants tentant d'entrer sur le territoire de la CEE dans cinq lieux périphériques ou limitrophes de l'Europe : Tanger et la côte ouest du Maroc, Turquie/ Bulgarie, Grèce/ Albanie, Lybie / Lampedusa, Slovaquie.
L'ouvrage documente par la photographie et la vidéo, cinq fragments d'itinéraires, cinq odyssées contemporaines, cinq parcours de migrants venus de points géographiques répartis en étoile autour de la ville de Marseille. Les lieux photographiés restent anonymes, non définis, non identifiables géographiquement : installations portuaires, aire d'autoroute, cales de bateau, routes, foyers, centres de rétention, camions, etc...
La tentative est d'appréhender certaines dimensions urbanistiques et humaines de la migration contemporaine vers Marseille, la France et l'Europe à travers des trajectoires et des histoires individuelles, qu'Antoine perçois comme autant d'Odyssées contemporaines.
«Antoine D'Agata est reparti. Enfin. Traqueur traqué, il aimerait tant qu'ils s'abandonnent à sa caméra, tous ces fugitifs, ces désespérés de l'Afrique subsaharienne, ces slaves, ces afghans, etc. Ils fuient, on le sait, la misère, mais aussi l'ennui et la bêtise. Ils se cachent. Les bois les abritent. Leur donner la parole, la tâche est rude. Les passeurs, les traducteurs, les fugitifs, chacun sauve sa peau et récuse la rencontre. Derrière l'appareil, on retrouve le photographe de Mala Noche, l'homme dans la mêlée de la Porte de David, le scrutateur précis d'un monde en mouvement.
De tout cela que nous restera-t-il ? De ces voyages autour de la Méditerranée, il nous livrera des images nouvelles, un récit halluciné, à n'en point douter, les marques d'un nouveau départ.
Jamais l'urgence d'un livre d'Antoine D'Agata ne s'est autant imposée.» François Cheval, directeur du Musée Nicéphore Niepce et commissaire de l'exposition au Mucem.
-
« Parti à la rencontre des prostituées du monde entier, Antoine d'Agata, figure majeure de la photographie contemporaine, s'est mêlé à leurs nuits, leurs drogues, leur vie. Des bas-fonds du monde, il montre ici la trace de ses expériences paroxystiques. Du Cambodge à Cuba, de l'Inde à la Norvège, du Mexique au Japon, il enregistre les gestes des femmes, mais aussi leurs mots. Construit autour de leurs monologues, il restitue leur parole d'une beauté aussi dense que douloureuse. Chacun des 20 chapitres de ce livre au format singulier, homothétique à l'écran de cinéma, est dédié à une femme. Le geste désormais connu de d'Agata confine ici au sublime?: la construction de «?tableaux?» à partir d'images sérielles. » (texte de présentation de l'éditeur). Photos en couleurs. Catalogue de l'exposition 'Atlas' présentée à la Galerie des Filles du Calvaire, à Paris, du 27 octobre au 26 novembre 2016.
-
Antoine d'Agata et Rafael Garrido sont convenus, à l'été 2008, d'entamer une correspondance régulière à propos d'une sélection d'autoportraits du photographe. Rafael Garrido, écrivain espagnol, dont le dernier chapitre de la thèse «Le corps et la violence dans l'art contemporain» (faculté des beaux-arts de l'université de Madrid, 2008) est dédié à l'oeuvre d'Antoine d'Agata, propose ici une lecture inédite de la photographie de d'Agata. Il s'agit pour une part de confronter l'expérience de l'artiste à des univers non photographiques mais marqués par les mêmes obsessions radicales et, plus encore, de pénétrer au coeur des addictions de toutes sortes qui brûlent cette oeuvre.
Pour d'Agata, Agonies est l'occasion d'une expérimentation duelle de son parcours, d'une re-connaissance (qui est aussi une re-saisie) de ses paroxysmes intimes, à l'aune d'un langage et d'un savoir ; les photographies retenues existent et vibrent d'une manière inédite, prises dans des effets de sens labyrinthiques où s'exacerbent ses propres pulsions. La «carte blanche» que le photographe et l'écrivain se sont donnée en partage ne vise pas à éclairer ou rendre didactique un travail qui ne cesse depuis vingt ans de repousser l'inconnu de ses limites. «Ce n'est pas notre regard sur le monde qui importe, mais nos rapports les plus intimes avec celui-ci - composition, lumière, narration ne sont plus des questions fondamentales (.). Comment retranscrire une réalité alors qu'on ne relate que la somme de ses propres expériences ?» écrit Antoine d'Agata, qui a depuis longtemps perverti les codes de l'acte photographique et vise peut-être à les abolir aux risques et périls d'une vie mise en jeu.
-
Dans le prolongement de l'exposition Anticorps d'Antoine d'Agata qui s'est tenue au BAL (janvier-mars 2013), les coordinatrices de cet ouvrage, en collaboration avec le photographe, ont voulu poursuivre l'intention de l'exposition qui était de faire valoir la dimension politique - trop peu souvent prise en considération - de l'oeuvre photographique d'Antoine d'Agata, en la reprenant et l'augmentant sous différentes formes scripturaires et graphiques, lui faisant quitter les territoires dans lesquels on l'a souvent assignée.
L'ouvrage se présente sous la forme de quatre livrets, visant à une déclinaison et à une convergence de regards sur l'oeuvre d'Antoine d'Agata et sur sa portée politique, avec la volonté de faire de cet ouvrage un marqueur dans la réception de l'oeuvre du photographe.
Le premier livret - Expériences - reprendra certaines des interventions ayant eu lieu lors de l'exposition et fera appel à d'autres auteurs s'inscrivant dans divers champs (philosophie, littérature, photographie, anthropologie, cinéma, esthétique). La pluralité des approches convoquées ouvre un éventail de regards qui permet au lecteur de parcourir avec les auteurs les différentes lignes proposées et de se construire son propre regard.
Le deuxième livret - Abattage - entrera en écho avec l'idée de l'installation réalisée au rez-de-chaussée de l'exposition avec les voix des femmes.
Le troisième livret - Situations - sera un recueil des tracts politiques et des images présents au rez-de-chaussée de l'exposition. Le versant politique sera ainsi mis en évidence sous forme graphique.
Le quatrième livret - Agonie - fera voir des images du photographe en lien avec l'installation présentée au soussol de l'exposition.
Dans sa conception matérielle, iconique et discursive singulière, ce livre-objet se présente comme un espace pluriel offert au lecteur-regardeur pour continuer à voir et penser l'oeuvre d'Antoine d'Agata, photographe dont le geste artistique et le mouvement de la vie sont liés dans une visée éminemment politique et qu'il semble urgent de signifier.
L'idée est que l'ouvrage puisse sortir pour la date anniverssaire de l'exposition du BAL avec un évènement en cours de définition.
-
De la société mexicaine en perpétuel mouvement, Antoine D'Agata a photographié pendant trente ans le plus sombre et le plus angoissant. Conservant son style cru et instantané qui a fait sa renommée, le photographe brosse un portrait d'un Mexique contemporain dérangeant, radical, d'une réalité douloureuse. Divisé en six parties, l'ouvrage prend la forme d'un récit chronologique et photographique, qui s'étend de 1991 à 2016.
-
Pour d'Agata, l'autoroute est dangereuse pour le corps comme pour le coeur, car en descendant de Paris à Marseille c'est tout le roman familial qu'il fait remonter à la surface. L'autoroute devient une prolongation du journal intime. Le paysage, une extension du corps humain. Que le photographe prenne la route et aussitôt la route devient un territoire d'expérimentation sur lui-même, un miroir terrible, dans lequel il voit sa propre histoire et celle de ses ancêtres recommencer : un chemin de vie.
Ce travail a été rendu partiellement visible dans l'exposition «S'il y a lieu je pars avec vous», présentée au BAL (Paris) du 11 septembre au 26 octobre 2014. Il est publié ici dans son intégrité.
-
12 novembre 2012 : un dernier caillou de crack crépite sur le couvercle l'opercule d'une bouteille de lait pasteurisé. C'est le dernier jour d'Antoine d'Agata à Valparaiso, où il a été invité par Rodrigo Gomez Rovira, directeur du Festival International de Valparaiso (FIFV) à venir faire un workshop... une nouvelle occasion pour le photographe de lâcher prise, au fil de la nuit de Valparaiso. C'est une forme d'épiphanie qui attend là-bas Antoine d'Agata : dans les vapeurs de crack et la claustrophobie des chambres d'hôtels, la société du spectacle révèle son vrai visage - froid, pixélisé, et addictif. Mais le crack attaque aussi le corps. Cette mort qui se propage dans le corps du photographe en rappelle alors une autre : celle provoquée par l'ICE, qui hanta le photographe durant ses années passées au Cambodge. Expérience de retour involontaire de la mémoire par la drogue, Paraiso met le lecteur face à une réalité chancelante, à la chute du photographe dans un univers de virtualité où se mélangent souvenirs du passé et images d'un présent indéchiffrable. C'est aussi l'occasion pour Antoine d'Agata de proposer un regard croisé sur ses journaux intimes, tenus ces dernières années à Valparaiso et à Phnom-Penh.
Dans ce petit livre hommage au Valparaiso de Sergio Larrain à travers sa forme, son format et sa couverture, Antoine d'Agata développe jour après jour le journal de son séjour à Valparaiso. Véritable carnet d'un voyage intérieur, Paraiso est écrit dans les langues pratiquées par Antoine d'Agata lors de son séjour au Chili, l'anglais et l'espagnol.
-
Ce petit opus de 64 pages uniquement composé de photographies d'Antoine d'Agata réalisées dans la plaine du Pô, pourrait accompagner ou illustrer le livre de Christine Delory-Momberger «Le geste d'Agata» publié en février 2017 chez AF Éditions.
Les vies de A et de ses personnages sont ces chemins heurtés, chaotiques et funambules, qui ne s'éprouvent qu'au bord du vide.
Elles se croisent, s'enlacent et se blessent dans leur exil permanent.
Leur sens réside peut-être dans l'errance, l'au-delà de soi, l'au-delà des corps, l'épuisement du désir. Une expérience extrême de la liberté. Il est alors évident que la route, ce nonlieu, à chaque borne tourné vers l'ailleurs, devienne le temps d'un voyage, le théâtre pathétique de la vie. A entre dans la danse, sans autre choix que sa propre dissolution, son propre éclatement, au long de la grande route. Il charrie avec lui des lambeaux de réminiscences, des peurs maladives. De son histoire, comme de la route, ne restent alors que des mots, des images, emportées par le traffic, le grand flux incessant, l'éternelle spirale.
Jean-Baptiste Del Amo.
Mai 2014: Frontière italienne / Passo della Morte / Source du Pô / Sur la France et l'Italie, le soleil descend...
Un amas de rochers et de buissons, un seul; un amas de terre, avec des pics, des creux, des courbes...
En face la montagne, le pas de la mort, le saut de la Mort. P. P. P.
/ A: Unni cci persi i scarpi u signuri...
Le monde s'ouvre à moi dans un souffle. Mon corps balance dans le vide. Je suis là où je veux être. Image fixe. Ne pas tomber. Penser ses entrailles. Approcher mes lèvres. Ce sera comme renoncer à un vice, voir resurgir dans le miroir un visage défunt, écouter des lèvres closes. Nous descendrons dans le gouffre, muets. Je revois son visage. Goût de sang dans la bouche. Là, nait le fleuve qui purifie les hommes de la mort. La montagne se fond dans l'air rouge.
L'odeur de la viande ne me quitte pas. Lui est là, qui a pleuré pour moi, ou à cause de moi.
Antoine d'Agata
-
Aïda Mady Diallo ; romancière
Antoine d' Agata, Aida mady Diallo
- EDITIONS DE L'OEIL
- 31 Décembre 1985
- 9782912415493
-
Le texte est au coeur du livre, même s'il est bref et qu'il est accompagné d'une trentaine d'images. Antoine d'Agata y expose sa démarche, on ne peut plus singulière, tout en précisant ce qui l'oriente et ce à quoi elle s'oppose, essentiellement le photoreportage d'auteur, sûr de lui et mystificateur.
Tantôt descriptif, voire théorique, tantôt autobiographique et poétique, Manifeste s'efforce de rendre raison, sans nier les errements, d'une pratique photographique qui est aussi un choix d'existence. La référence majeure se révèle ici être Georges Bataille, et notamment son oeuvre " érotique ". Car chez l'auteur de Histoire de l'oeil, d'Agata reconnaît sa propre tentative de transgresser la frontière séparant ordinairement l'artiste de son " sujet ", la nécessité d'expérimenter les limites pour éprouver, dans l'abject et l'interdit, une conscience de soi et du monde qui excède l'individu.
-
Le désir du monde ; entretiens
Antoine d' Agata, Christine Delory-Momberger
- Teraedre
- 7 Mars 2008
- 9782912868503
Avec passion, avec rage, quelquefois avec crudité, Antoine D'Agata refait son parcours d'homme et de photographe, d'homme-photographe. Il raconte les combats qu'il mène avec (contre) lui-même et avec (contre) le monde pour parvenir à exister dans l'intégrité de ses choix et de son désir. Avec Antoine D'Agata, la photographie ne se sépare pas d'une forme de présence-absence au monde : elle fait corps avec une quête de vivre jamais achevée. Ce livre s'adresse à tout public s'intéressant à la photographie et aux photographes, et par-delà, aux rapports que l'artiste (ou l'auteur) entretient avec son oeuvre.
-
Livre d'artiste rassemblant 27 photographies d'Antoine d'Agata et 25 oeuvres graphiques de Francis Bacon, cet ouvrage bilingue français-anglais, présenté sous la forme d'un livre double, établit un parallèle artistique entre le travail contemporain du photographe Antoine d'Agata et la peinture expressionniste du peintre Francis Bacon. Les deux livres reliés ensemble se consultent côte à côte, permettant de créer un vis à vis entre les oeuvres des deux artistes.
Les textes se présentent sur des cahiers autonomes de sorte qu'il est possible de lire le texte tout en parcourant le récit visuel.
-
A ; New York, 1989-93
Antoine d' Agata, Christine Delory-Momberger, Joao Linneu
- Andre Frere
- 15 Novembre 2016
- 9791092265514
Ce livret est le premier d'une série de douze qui nous ouvre l'espace des traversées de A, de son parcours physique à travers ses errances, ses dérives, ses avancées tendues, ses rencontres. Ils paraîtront au fil des cinq prochaines années, dans une rythmicité soutenue. La forme, si elle peut surprendre d'abord, file le redéploiement de cette route, entamée un jour et qui ne semble avoir de fin. Il faut imaginer ce livret, apparenté au leporello, se déployant dans un jeté d'images, présence soufflée, déroulé de situations, suspensions temporelles. Il ne s'agit pas d'une chronologie, même si les images se regroupent dans des plans séquentiels, ici New York 1989-1993 : c'est à chaque fois une ambiance, une atmosphère, un climat qui sont donnés dans un brassage d'images, un mélange confrontant qui crée des tensions, décharge une force et qui appelle à entrer dans l'énergie et le désir de vie qui en émanent.
Antoine d'Agata veut que ces dépliés d'images « prennent le mur », qu'ils ne restent pas rangés dans un rayonnage, qu'ils sortent d'une forme attendue et qu'ils s'exposent dans leur entièreté, accrochés là. Au mur, l'ensemble des livrets formera un bloc de trois mètres vingt-quatre sur deux mètres seize se constituant à mesure de la publication, chaque livret déplié venant se placer l'un en-dessous de l'autre. Mais on peut imaginer aussi mettre bout à bout ces dépliés, il y en a douze comprenant chacun vingt-quatre images, et le parcours de A s'affiche sur un peu plus de trente-huit mètres. Ce long défilé se calque sur la route qui est la sienne et scande l'existence du personnage dans ses réalités, ses mondes, ses états, il le donne à voir dans une continuité brute, authentique qui nous le rend tangible.
Mais qui est A ? Un « double hypothétique » entré à un moment dans la vie d'Antoine, un personnage virtuel d'une fiction performée et assumée qui lui permet d'aller là où il n'irait pas lui-même. Et qu'en est-il d'Antoine, attaché à la vie de A qu'il a construite, dit-il, comme un scénario qu'il s'applique à vivre dans la seule fin d'accumuler les preuves photographiques de son existence. La fonction de A est d'agir, il lui force la main, il le pousse à aller plus loin qu'il ne le ferait seul. Existences couplées, où l'un pousse l'autre qui dicte, prescrit des protocoles d'action qui sont aussitôt déconstruits, « pervertis » (dixit Antoine d'Agata), où l'un vit dans un accomplissement de l'autre, où l'un ne peut exister sans la virtualité de l'autre. Gémellité contrainte, nécessaire, qui se joue et se rejoue dans la suite, l'enchevêtrement, le désordre, l'accumulation d'expériences extrêmes, provoquées, vécues...
... New York 1989-1993. Situation 1. Premiers tracés d'une existence qui s'engage dans un exister et qui s'y tient, à tout prix parce qu'« il n'y a pas d'autre issue que la vie même », dit Antoine. Mise en images d'une position qui ne fera que se préciser au fil des douze livrets.
Alors suivre, faire route avec A et se dessiller les yeux.
Christine Delory-Momberger A New York 1989-93 est le premier carnet-leporello d'une série de 12, qui assemblés permettront au final de réaliser une pièce de 324 x 216 cm développant le parcours de A le double d'Antoine d'Agata.
-
« Antoine D'Agata documente ce qu'il vit au moment où il le vit, c'est-à-dire partout dans le monde. Il pose sur le papier des expériences ordinaires ou extrêmes. Les prises de vue sont dues au hasard des rencontres, des situations. Les choix, dans la mesure du possible, sont inconscients. Mais les obsessions restent les mêmes: la route, la peur, l'obscurité, l'acte sexuel... La brutalité de la forme, l'exagération de la vision nous obligent, plus que les images qui prétendent documenter, à nous intéresser à la réalité de ce que nous voyons. Le spectateur peut alors exister, ne plus se retrouver en position de voyeur ou de consommateur, mais partager une expérience extrême, s'interroger sur l'état du monde et de lui-même. » Ice est conçu comme un journal intime de 1999 à aujourd'hui, entre clichés, consommations de drogues et actes sexuels.
-
-
-
Atlas coffret non diffusé
Antoine D''Agata
- Les Éditions Textuel
- Textuel Photographie
- 19 Octobre 2016
- 9782845975750
-
Lilith est le premier titre de 64P, une collection qui se consacre aux photo-essais courts. Cette série décrit crûment la relation du photographe à une femme cambodgienne, addict aux méthamphétamines et qui se prostitue depuis l'âge de 12 ans.
-
« Le lent naufrage d'un homme sans attaches, rescapé d'un long périple, qui se répète de chambre en chambre. » Telle est la description que donne Antoine d'Agata du triptyque qu'il prépare pour septembre 2012.
Triptyque composé d'une exposition1, d'un film et d'un livre. Les trois volets de ce projet partagent une architecture commune, en neuf temps, rythmée par neuf « stations » - errance, ivresse, désir, chair, jouissance, chute, excès, orgie et agonie -, tant physiques que mentales, qui ordonnent le récit d'une quête ardue, radicale mais lucide, vécue la nuit, mêlant sexe, errances, souffrance et drogues. Antoine d'Agata ne met pas en scène le monde qu'il photographie, il n'en est que le témoin silencieux, le spectateur assidu. Il s'y plonge à corps perdu et nous entraîne avec lui dans ces expériences ordinaires ou extrêmes de la chair, du vide, de la mort et de la jouissance. Il y a une essentialité dans son travail, une urgence aussi.
Journal autobiographique, récit chronologique d'un parcours désordonné, confrontation intime qui se nourrit de la capacité unique qu'a la photographie d'extirper de situations vécues un langage élaboré mais instantané, ce livre offre une plongée vertigineuse dans la nuit qui forge la réflexion menée par d'Agata sur le rapport de force entre deux mondes antagonistes. De l'aliénation sociale à la solidarité de la chair, de l'immoralité à la transparence de l'amoralité, de la politique à la pornographie, de l'ivresse à la prostration narcotique, de la parole à l'instinct, de la confusion des sens à l'hystérie, de la perception à l'action, de l'absorption inconsciente du monde à la lucidité.
Les images deviennent toujours plus abstraites au fil du livre, révèlent la dégénérescence due non seulement à la violence accrue des situations mais aussi à une lente évolution du noir et blanc vers la couleur, vers le numérique. Elles s'opposent à l'autre facette du livre, au travail méticuleux d'inventaire, de mises en séquences. La méthodologie de classement et l'utilisation compulsive de blocs d'images ramènent le spectateur à une certaine rigidité de l'espace physique et social qui fait écho au formatage violent mais insidieux de l'individu dans la société moderne.
Acteur à part entière du programme qu'il se condamne à vivre, d'Agata est tenu de suivre à la lettre - et par l'expérience du corps - ce systématisme exigeant. Situations retrace une pratique photographique indissociable d'une certaine façon d'appréhender l'existence, où le risque, le désir, l'inconscience et le hasard restent les éléments essentiels. Aucune attitude morale, aucun jugement, simplement l'éthique de l'affirmation qu'il faut, pour explorer certains univers, les partager jusqu'au bout, sans précaution aucune. Un passage à l'acte photographique, aux limites de la disparition, de la jouissance et de la mort.