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Carnet de notes illustré de photographies documentant un projet d'installation inspiré des rencontres de l'artiste en Camargue entre juillet 2013 et décembre 2015.
Sept saisons en Camargue s'appuie sur des rencontres avec des personnes qui habitent ce territoire pour aboutir à la production de photographies, de collectes de récits et d'objets, enrichies de documents d'archives et de photographies anciennes.
L'ensemble des éléments est réuni sous forme d'installations à l'occasion de l'exposition au Palais de Archevêché d'Arles jusqu'au 29 mars 2016. Cette publication - une forme de cahier - réunit des observations personnelles, des histoires rapportées par des personnes rencontrées, des pensées ou même des conversations de marché. Il y est question de la gestion des eaux des salins, de la photographie, d'un boucher chevalin, de la Montagne des Cordes, de Ernst Jünger, de Toni Grand, de la tauromachie, et de bien d'autres choses tout aussi attachée au territoire de la Camargue.
« Sept saisons en Camargue ont été nécessaires pour voir, écrire et entendre des personnes, des histoires et des choses indissociables de cet espace. Jugeant l'organisation chronologique des notes et des images trop centrée sur ma présence, j'ai regardé du côté de la cosmologie chinoise traditionnelle pour une classification en cinq éléments : eau, bois, terre, métal et feu. Néanmoins, il m'a semblé indispensable en ce pays de vent de considérer l'air comme un élément à part entière comme l'ont fait les philosophes grecs. Mais que faire du Far West, de la bête du Vaccarès ou d'un tremblement d'ailes de libellule ? Dans la difficulté d'associer toutes les présences à des éléments, j'ai emprunté à la vision indienne la notion de vide, qui est associée à l'éther et à l'espace. À chaque élément sa saison, sa couleur et ses relais. » Suzanne Hetzel Publié à l'occasion de l'exposition éponyme au Palais de Archevêché d'Arles du 26 février au 29 mars 2016.
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Clinamen paraît à l'occasion de l'installation d'une version monumentale de l'oeuvre de Céleste Boursier-Mougenot dans la Rotonde de la Bourse de Commerce - Collection Pinault durant l'été 2025. « Ces îlots bleutés, à la surface desquels des demi-sphères de porcelaine blanche, tels les atomes d'une formule musicale sans cesse renouvelée, dérivent et tintinnabulent, se déploient, se reconfigurent et s'amplifient dans l'espace et le temps, depuis leur première apparition en 1997 à la galerie du CAPC Musée de Bordeaux jusqu'à leurs récentes déclinaisons » (Emma Lavigne).
Les premières oeuvres plastiques de Céleste Boursier-Mougenot s'inscrivent dans la suite de son expérience de compositeur. L'artiste entreprend alors de donner une forme autonome à sa musique en réalisant des installations. À partir de situations ou d'objets les plus divers, dont il extrait un potentiel musical, il élabore des dispositifs qui étendent la notion de partition aux configurations hétérodoxes des matériaux et des médias qu'il emploie, pour générer, le plus souvent en direct, des formes sonores qu'il qualifie de vivantes. Déployé en relation avec les données architecturales ou environnementales des lieux d'exposition, chaque dispositif constitue le cadre propice à une expérience d'écoute qui, livré au regard et à l'entendement du visiteur, dévoile le processus qui engendre la musique.
L'ouvrage retrace la généalogie de clinamen, installation conçue pour la première fois en 1997 par Céleste Boursier-Mougenot dans son logement au 6e étage d'un immeuble parisien et présentée, la même année, sous le nom de sans titre (série I-1,2,3,4) à la Galerie Pour La Vie du CAPC Musée de Bordeaux. L'installation, développée depuis en plus de vingt versions, sous différents titres tels que untiled (Series# 2,3, 4 & 5) à partir de 1999 avec la galerie Paula Cooper de New York ; variation / variação à la Pinacothèque de São Paulo en 2009 ; variations au musée de la porcelaine Princessehof de Leeuwarden en 2017 et en 2021 pour l'inauguration du Musée CAFA de Langfang en Chine ; duplex à la galerie Mario Mazzoli de Berlin en 2013, à la fondation François Schneider en 2019 et pour le projet d'art public du 101 Collins Street à Melbourne en 2023 ; enfin une dizaine de versions plus monumentales présentées sous le titre de clinamen à partir de 2012 au MoCA de Tokyo, à la National Gallery Victoria de Melbourne en 2013, au Centre Pompidou-Metz en 2015, en 2017 à la 14ème Biennale de Lyon, au Musée Minsheng de Shanghai et au SFMoMA de San Francisco, en 2019 au Pola Museum of Art d'Hakone au Japon, en 2022 à la Kadoc Chapel de Louvain en Belgique et en 2023 à l'Asia Culture Center de Gwangju en Corée du Sud. -
« Van Gogh Live ! » est le titre de l'exposition d'ouverture de la Fondation Vincent Van Gogh Arles, inaugurée le 4 avril 2014. On y présente « Couleurs du nord, couleurs du sud », la première d'une série d'expositions prévues sur Vincent van Gogh, ainsi que des contributions de Bertrand Lavier, Thomas Hirschhorn, Guillaume Bruère, Fritz Hauser, Raphael Hefti, Camille Henrot, Gary Hume, Bethan Huws et Elizabeth Peyton.
La Fondation Vincent van Gogh Arles a pour but de se consacrer à la valorisation de son héritage artistique tout en questionnant la résonance de son oeuvre dans l'art actuel.
Un dialogue avec les tendances de l'art d'aujourd'hui est engagé par Bice Curiger, directrice de l'institution depuis 2013, pour refléter et d'élargir le regard que nous posons sur le passé, mais aussi sur l'avenir. Historienne de l'art et rédactrice en chef de la revue Parkett Bice Curiger a été conservatrice du Kunsthaus de Zurich et commissaire principale de la 54e biennale de Venise en 2011.
Adopter résolument un point de vue contemporain sur un artiste comme Vincent van Gogh, dont l'influence reste majeure dans l'art du XXème siècle, signifie également porter un regard sur l'incomparable histoire de sa réception. Cette seule raison suffirait à le reconnaître comme une figure artistique toujours agissante.
Aujourd'hui, l'enjeu n'est pas tant de défendre le conceptuel et de l'imposer, que de reconnaître que la démarche conceptuelle fait partie de la pratique artistique générale. Il est intéressant de se tourner vers ce qui, dans le même temps, s'esquisse en tant que nouvelles approches de l'expressivité et du rapport au sujet.
Ce catalogue parcourt l'ensemble des propositions d'ouverture de la Fondation Vincent van Gogh Arles à travers une présentation de chaque artiste et de chaque oeuvre choisie. Il tente aussi de communiquer aux lecteurs la dynamique et l'enthousiasme des artistes et des acteurs de ce travail, de partager un peu du vivant que génère aujourd'hui l'héritage de la ville d'Arles. -
Capriccio ; Adrian Schiess, l'oeuvre plate
Denys Zacharopoulos
- Analogues
- 9 Février 2006
- 9782915772029
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Le portrait a toujours été un des attributs de représentation du pouvoir. Le photographe Max Armengaud, qui portraiture depuis une trentaine d'années les institutions européennes célèbres, de l'Opéra de Paris au Vatican, inscrit sa démarche dans le prolongement de cette histoire et en rupture avec elle, transformant son traitement iconique de la figure et élargissant ses codes à la dimension collective.
« Que vit le photographe Armengaud au sein du monument ? S'il avait su, il y a trente ans, que sa chambre photographique allait hanter les antichambres après l'ouverture des portes monumentales des institutions, bastions cédant tour à tour à sa demande excessive, aurait-il fait le premier pas ? Les forteresses l'une après l'autre sont tombées, l'Opéra de Paris, La Villa Médicis, la Cité du Vatican, le Château de Prague, la Casa de Velázquez, les Arènes de Madrid, le Palais de l'Élysée, l'Assemblée nationale, le Mont Saint-Michel et tant d'autres, le Rugby Club Toulonnais glorieux, en contrepoint, sans compter les méandres insolites dans les confins de l'inventaire et de l'archive, dans les plus lourdes et parfois disgracieuses incarnations de la démocratie. » Michel Enrici « Les projets de Max Armengaud sont titanesques comme sont monumentaux les lieux qu'il choisit. Nombreux seront les individus qui habitent ces lieux et poseront devant l'objectif du photographe : entre le sujet, l'espace et l'artiste, une véritable rencontre a lieu, toujours précédée d'une longue approche. Pour que la petite chambre noire du photographe entre dans la grande chambre convoitée, le lieu même du travail des hommes et des femmes, l'attente et la négociation dans l'antichambre peuvent être très longues, mais la patience de Max Armengaud l'est encore plus. Respectueux de chacun, convenant avec ses modèles du lieu de la prise de vue, il produit des séries où les individus donnent une image du groupe tandis que les espaces donnent une image du monument. Mais chaque image laisse affleurer la personnalité profonde, la singularité de chacun. Entre intimité et corps social, art et archives documentaires, artiste et société, par équilibre, une réconciliation advient. Armengaud pose ainsi délibérément au fil de son oeuvre un acte politique, celui de l'heureuse rencontre de l'art et de la vie. » Philippe Berling Depuis 1986, Max Armengaud (né en 1957 à Castres) poursuit un travail de dévoilement d'institutions célèbres sur le territoire européen.
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Un parcours de l'oeuvre de Florence Grundeler, structuré en fonction des différents supports (toiles, papiers, aciers, installations) qui constituent les piliers de son cheminement artistique, avec deux essais.
De quoi s'agit-il au juste ? De toile, de fil, de papier, d'encre, de cendre, de rouille... Ou plutôt d'une quête qui ne s'arrête pas à la toile, au fil, au papier, à l'encre, à la cendre, à la rouille. Florence Grundeler inlassablement poursuie quelque chose qui s'enfuit et ne laisse qu'une trace lacunaire, un cercle qui n'en est pas un, une tache qui s'égoutte, une boursouflure qui s'évase, un sillage qui s'efface. Ses images boivent à la source de l'incertitude. Et pourtant quelque chose se cherche en leur sein, dans leur aveuglement, leur incomplétude même. Le fil cherche l'envers et l'endroit. L'encre cherche les bords et l'au-delà. La rouille cherche l'odeur du temps. Et la cendre la mémoire de l'enfance. Les toiles de Florence Grundeler ouvrent des territoires liquides qui se creusent et s'épanchent, en une cartographie suggestive qui invite au voyage. Ses papiers flottent comme remontés d'un puit, marqués de signes anciens et oubliés. Parfois ils ressemblent à des peaux belles de leurs rides et marbrures. Ses gravures sont veloutées des salissures du chemin. Et souvent le fil traverse ces contrées ébauchées, conduisant ailleurs en liberté.
Des chapitres regroupent les supports (toiles, papiers, aciers, installations) utilisés par l'artiste pour exprimer les « piliers » sur lesquels s'appuie son cheminement artistique, pour dire les cycles interrompus, les répétitions qui n'en sont jamais, les traversées sous toutes formes, les fragmentations donnant naissance à des réagencements.
Ce volume réunit les textes d'Elora Weil-Engerer (prix de la critique d'art 2023 Aica) et Marie-Hélène Lafon (prix Renaudot 2020). -
Christian Lhopital ; ces rires et ces bruits bizarres
Marie de Brugerolle
- Analogues
- 13 Juin 2014
- 9782358640527
Monographie complète dédiée aux dessins et scuptures de l'artiste français, avec un texte de Marie de Brugerolle qui propose une approche singulière du travail de Christian Lhopital, nourrie de références cinématographiques, littéraires et d'échos à l'oeuvre de confrères, de Picabia à Paul McCarthy et Mike Kelley.
Christian Lhopital (né en 1953 à Lyon, où il vit et travaille) pratique le dessin sur papier (comme l'a majestueusement présenté l'exposition du musée d'art moderne de Saint-Étienne en 2013), le dessin mural à la poudre de graphite (comme l'a tout aussi magistralement dévoilé le musée d'art contemporain de Lyon en 2008), ainsi que la sculpture. Ces dessins et sculptures se développent à travers des ensembles.
Les dessins figuratifs recouverts d'encre imposent dès les années 1990 un statut ambivalent des figures et de leur résistance dans l'oeuvre de Christian Lhopital, qui se poursuit aujourd'hui dans les ensembles Fixe face seul et Fixe face silence. Ces dessins sont réalisés sur des portraits de personnalités découpés dans des journaux puis recouverts de peinture blanche jusqu'à une quasi disparition de la figure au profit du regard accentué au crayon graphite.
Les sculptures sont quant à elles des petites scènes élaborées à partir de peluches. Plongées dans de la peinture blanche, ces peluches deviennent des objets-sculptures dominés par la force de leurs pupilles noires. À travers ces manipulations, Christian Lhopital transforme les figures en personnages. Ces regards semblent habités, chargés d'une histoire, dans leur isolement comme dans leur foisonnement.
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De l'automne 2011 à l'automne 2012, l'association des Conservateurs des Musées du Nord-Pas-de-Calais présente Dessiner-Tracer, un ensemble de manifestations exceptionnelles sur le thème du dessin. Cursif, revue en deux numéros, est pensée comme un espace de réflexion élargi de cette manifestation. Les deux numéros sont des plateformes de réflexions cherchant à rendre compte de l'aspect patrimonial du projet tout en s'ouvrant à l'analyse, à la critique et à la création contemporaine. Conçu d'après les collections de dessins de l'Euro-région Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Belgique, Dessiner - Tracer favorise une synergie entre les collections en valorisant leur complémentarité et leur diversité. Transdisciplinaire, Dessiner - Tracer propose une définition ouverte du dessin en mettant en lumière des collections d'art classique, d'art moderne, d'art contemporain et d'art brut mais aussi des oeuvres issues des milieux industriels, techniques et scientifiques. Cursif réunit des analyses d'oeuvres ou d'ensembles emblématiques des collections, des contributions d'artistes et de philosophes, des réflexions ou analyses critiques proposées par des chercheurs spécialisés dans le dessin, des interviews de collectionneurs et d'amateurs, des paroles données à de jeunes artistes, des pages confiées à des créateurs.
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« Provisoire et définitif », « monde déréglé », « déséquilibre et résistance », « incongru et évident », « sens tremblé » : autant de précautions que prennent les regardeurs des oeuvres d'Alexandra Sà et qui laissent entrevoir que quelque chose de spécifique et d'assez indéterminé se construit ici. Depuis les chutes au début des années 2000, le travail d'Alexandra Sà s'est immiscé dans des positions tout aussi inconfortables, qui dialoguent avec la fragilité et la force. À partir de l'exposition Des Activations au Forum de Blanc-Mesnil et des interventions de cinq auteurs, cet ouvrage parcourt une dizaine d'années de productions sous forme d'installations et de sculptures principalement.
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L'exposition que lui consacre le musée d'Art moderne de Saint-Étienne métropole et sa nomination au Prix Marcel Duchamp mettent à l'honneur le travail de Damien Cabanes cet automne. La peinture entoure les pratiques de cet artiste (né à Paris en 1959) qui expérimente tout aussi facilement la sculpture que le dessin. Depuis la fin des années 80, chaque période associée à un lieu de travail le voit explorer un nouveau médium ou un nouveau geste jusqu'à épuisement de ses fondements et jusqu'à saturation de l'atelier : les peintures minimales, les taches colorées puis, après les damiers, les autoportraits, et à partir de 1994, l'abandon du travail bidimensionnel pour « un espace pictural multidimensionnel ». Les sculptures prennent la forme de cubes, de puits, de cônes, de boules, de tortillons en plâtre ou en polystyrène souvent peints et de personnages en terre cuite souvent émaillée. En 2006, Damien Cabanes retrouve aussi la peinture.
En collaboration avec le musée d'Art moderne de Saint-Étienne métropole et la galerie Éric Dupont, Paris.
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Recherche 9782358640336
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La singularité de la démarche artistique de Nicolas Boulard tient dans cet alliage, a priori insensé, de l'art avec le vin. Son lexique visuel s'articule essentiellement autour du vin et de ses modes de production - un contexte que l'artiste connaît précisément par sa propre histoire familiale. À la fois immatérielles et tangibles, précises et infinies, hypersensibles et anti-monumentales, ses oeuvres témoignent d'une lucidité certaine sur les systèmes de la viniculture, tout comme elles en proposent une relecture et une représentation en rupture avec la tradition.
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Glenn Brown est un artiste virtuose, expert dans l'usurpation et le détournement des grands maîtres de la peinture classique. De ses dernières réalisations inspirées de l'oeuvre de van Gogh aux travaux plus anciens, cette monographie permet de découvrir une pratique artistique mêlant dessin, peinture et sculpture de laquelle émane une réalité plurielle, entre tradition et postmodernisme.
Glenn Brown est l'un des artistes contemporains britanniques parmi les plus singuliers. Pourtant, la dernière rétrospective sur son oeuvre en France remonte à l'année 2000. Méconnu du grand public français, l'art de Glenn Brown nous dévoile la force subjective de ses traductions des reproductions d'oeuvres de maîtres anciens, de l'atomisation de la peinture ainsi que de l'inépuisable inventivité de sa pratique qui s'approprie les styles et les couleurs des dessins et des peintures classiques. Son geste interprétatif inédit donne vie à un ensemble de taches et de lignes sinueuses qui s'enchevêtrent et se répondent sur la surface d'une oeuvre d'art. Il émane de ses oeuvres - dessins et peintures confondues - une réalité plurielle, floue et flottante où l'ambiguïté visuelle évoque celle propre à notre époque « postdigitale ».
Les dessins qu'il réalise depuis 2013 comme une expression artistique autonome entretiennent un rapport thématique et viscéral avec ses peintures ainsi qu'avec ses sculptures, dont la majorité a été produite exclusivement pour l'exposition à la Fondation Vincent van Gogh Arles. Ainsi, ces trois médiums - peinture, sculpture et dessins - se côtoieront pour la première fois en France dans le cadre d'une exposition d'envergure.
A l'instar de l'exposition « Van Gogh en Provence : la tradition modernisée », les thèmes abordés dans l'oeuvre de Glenn Brown appartiennent à une tradition picturale occidentale. Le portrait et la nature morte reflètent les conventions de différents styles et époques, que l'artiste convoque à travers sa peinture et ses dessins : réalisme allemand, maniérisme, baroque ainsi que la modernité. Les peintres européens historiques apportent des références qu'il convient de considérer comme des points de départ pour ses interprétations. Glenn Brown se distancie de l'original qu'il pulvérise et complexifie.
Dans sa traduction du portrait du facteur arlésien ou de Champ d'iris près d'Arles de Vincent van Gogh, pour la création des sculptures Armand Roulin et Boucher Blob B, toutes deux produites pour l'exposition, Glenn Brown s'est appuyé sur les couleurs des reproductions des tableaux de Van Gogh pour « surpeindre » des bustes en bronze, masqués derrière une quantité de couches épaisses de peinture bariolée. Cette profusion de matière tactile dialogue avec des toiles sans relief qui donnent, elles aussi, l'impression d'un jeu de textures et de masses visuelles fiévreuses.
Publié à l'occasion de l'exposition « Suffer Well » à la Fondation Vincent van Gogh, Arles, du 14 mai au 11 septembre 2016.
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L'abeille de Déméter ; une comédie antique
Raphaëlle Paupert-borne
- Analogues
- 15 Décembre 2016
- 9782358641012
L'artiste française convoque le mythe de Déméter dans un film épique et sans artifice tourné à La Ciotat, suivi d'un court documentaire autour d'une série de dessins réalisée en Algérie. Le livre qui accompagne le DVD comprend trois textes d'un écrivain-philosophe, d'une galeriste et d'un cinéaste, ainsi que des captures du film et des dessins préparatoires.
« Parce qu'elle est inconsolable, Déméter erre à la recherche de sa fille Perséphone. Éternellement les dieux olympiens festoient et se baignent, Perséphone ne cesse d'être enlevée et les jeunes filles de s'enfuir. Zeus construit les correspondances du temps. À chaque carrefour, des directions se dessinent, des humains se rencontrent, une pensée erratique se construit pour une consolation. » Ce livre / DVD est le deuxième ouvrage de l'artiste Raphaëlle Paupert-Borne édité par Analogues. Rome, Paris, Constantine, publié en 2011, était consacré aux peintures réalisées par l'artiste lors de ses séjours dans ces trois villes. Raphaëlle Paupert-Borne peint, dessine, filme. Elle réalise ici un film heureux tourné à La Ciotat, une comédie antique intitulée L'Abeille de Déméter, suivi d'Alger-Constantine, trace et commentaire d'un carnet de dessin réalisé en Algérie pour l'exposition « Made in Algeria » du Mucem à Marseille, en 2015. Le livre de 96 pages accompagne précieusement le DVD à travers les dessins réalisés en amont et à côté du film L'Abeille de Déméter, et les textes de Vincent Delecroix, Barbara Satre et Jean-François Neplaz. Entretemps, est également paru en 2012 Marguerite et le dragon, un film essentiel et d'une grande force réalisé par Jean Laube et Raphaëlle Paupert-Borne. « Une mère perd sa fille. Ce que Marguerite et le dragon disait, L'Abeille de Déméter le dit encore. Ou plutôt : ne le dit pas, mais cherche à le dire, à le faire dire, à le montrer, à le peindre » écrit aujourd'hui Vincent Delecroix en ouverture de ce nouveau livre. L'Abeille de Déméter « est cet espace d'espace et de temps dans lequel on joue à la vie et à la mort, déguisé en dieux et sans que cela trompe qui que ce soit. » [Vincent Delecroix]. Les peintures, les dessins et les films de Raphaëlle Paupert-Borne ont en commun le cadrage, la scène, l'action tout autant que l'inactivité, le temps perdu ou suspendu, la recherche et l'errance. Peintures, dessins et films sont tout aussi difficiles à circonscrire ou même à raconter, parce qu'il est bien impossible de s'installer dans l'instant. Seuls des auteurs tels que Vincent Delecroix, écrivain et philosophe, Barbara Satre, galeriste, et Jean-François Neplaz, cinéaste et fondateur du Polygone étoilé, pouvaient parvenir aussi généreusement à nous dire autant de cette oeuvre.
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Première monographie de l'artiste argentin Eduardo Basualdo, dont les grands enjeux de la recherche portent sur la recréation des formes naturelles, l'ambiguïté de la représentation de la nature et l'impact physique de l'oeuvre sur l'espace d'exposition.
Publié à l'occasion de l'exposition éponyme au musée départemental d'art contemporain de Rochechouart, de mars à juin 2013.
À une époque charnière, les paysages géologiques et gravitationnels d'Eduardo Tomàs Basualdo (né en 1977 à Buenos Aires, où il vit et travaille) rappellent les transformations actuelles de notre environnement. Ses oeuvres tendent vers un sublime contemporain qui flirte avec l'apocalypse. L'artiste argentin s'appuie sur le cycle universel et naturel de la Terre qu'il détourne pour lui rendre une force propre et autonome, sur laquelle l'humain ne semble pas avoir de prise. Il nous confronte à l'étonnante masse noire d'un rocher, nous abandonne au piège d'un paysage aquatique mystérieux, nous met face à des objets - verre d'eau, couteau, bougie, etc. - ou des éléments faussement naturels qui se meuvent d'eux-mêmes. La qualité narrative d'une sculpture qui englobe le lieu de sa présentation, sa configuration dramaturgique, un temps de l'oeuvre incertain et suspendu, sont autant de motifs récurrents du travail de l'artiste qui soulignent combien l'oeuvre est devenue, depuis les années 1960, moins un espace de représentation qu'un espace d'expérience.
Après s'être fait connaître ces dernières années en Amérique latine (Argentine, Brésil, Colombie, Mexique, Uruguay), le travail d'Eduardo Basualdo a été présenté récemment en Allemagne, en Espagne, aux États-Unis et en France.
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Première monographie dédiée à l'oeuvre de l'artiste française qui saisit, par le dessin, la photographie, le film, la sculpture et l'installation, les interstices des paysages urbains et les mouvements des corps dans la ville.
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Nouvelle monographie, avec des essais de Michel Pastoureau et Jean-Marc Huitorel, la reproduction des planches de l'« antidictionnaire » qui accompagne l'oeuvre peinte de Pierre Mabille, une sélection de peintures récentes, un ensemble de vues des vitraux de l'église de Chalonnes-sur-Loire, ainsi qu'une biographie documentée et illustrée qui permet d'inscrire l'actualité de l'artiste dans l'ensemble de son parcours artistique.
« La réitération n'implique pas fatalement le ressassement. La forme oblongue que Pierre Mabille remet sans cesse sur le métier depuis 1997 n'a d'existence que dans une subtile polysémie. Ce motif récurrent, singulier et unique qui se retrouve dans ses peintures, dessins, dispositifs et vitraux désormais, possède une force secrète qui se révèle dans la pratique. Ici ne s'avoue aucun dessein à court, moyen ou long terme, mais se distingue une préméditation improvisée. L'apparition de la forme/signe segmente un parcours qui voit l'abandon de toute anecdote au profit d'une expérience de la couleur. La couleur dans sa fluidité, ses contrastes, son rythme, ses variations, son dynamisme. La couleur via, par, pour la forme qui refuse l'image. Pour mieux faire sens ? Faire sensation serait plus pertinent. Tout ici se manifeste dans l'équilibre, dans le jeu incessant de la couleur et de l'espace. Les grands formats horizontaux des peintures récentes témoignent de cette recherche où les couleurs sont mises en relation en fonction de leur densité. » Robert Bonaccorsi Dans les années 1980, Pierre Mabille (né en 1958 à Amiens, vit à Fontenay-sous-Bois et travaille à Montreuil) peignait des surfaces saturées de signes pour la plupart figuratifs. Parmi eux, quelques formes d'apparence plus abstraite, dont celle d'une touche de pinceau, le résultat de sa pression sur le plat de la surface.
« Dans mon vocabulaire initial, elle symbolisait le cyprès. A l'origine verticale, elle était beaucoup plus marquée, rappelait notamment la mandorle, déterminait un haut et un bas. Je l'ai disposée horizontalement. Elle a gagné en légèreté. Plus aérienne, elle m'offre la possibilité de composer en étagement, en suspension, d'oublier le sol et le ciel, donc de quitter l'image. » (Pierre Mabille).
Cette figure en forme d'amande pointue que le vocabulaire français ne sait pas nommer avec précision mais que la langue allemande qualifie parfaitement : ein Spitzoval, est « un ovale à deux pointes ». Depuis 1997, Pierre Mabille en fait un motif récursif de sa peinture. Il l'obtient en entrecroisant et en superposant des lignes courbes ou ondées de différents modules, produisant à leurs intersections un ensemble d' « otelles » qui, une fois les couleurs posées et les lignes effacées, deviennent les motifs principaux du tableau.
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Monographie abondamment illustrée de Lionel Estève, structurée autour d'une conversation extensive et approfondie entre l'artiste et Herman Byrd, qui constitue une introduction aux multiples dimensions d'une oeuvre sculpturale polychromatique et énigmatique.
Herman Byrd : Le livre s'appelle A very small part of infinity. Est-ce que tu peux me dire ce qui a motivé ce titre ? Est-ce lié aux oeuvres, à ta place dans le monde ou dans le monde de l'art ?
Lionel Estève : Aujourd'hui, il semblerait que l'univers soit fini. Moi je suis un peu comme Giordano Bruno et j'ai du mal à ne pas le concevoir comme infini. En partant du postulat que l'infini existe, on peut concevoir alors que tout existe. Et même plusieurs fois. Tout existe une infinité de fois. Tu prends des perles et tu les jettes sur une table et tu peux te dire que c'est une représentation d'une constellation d'étoiles qui existe. Donc tout ce que tu peux imaginer a un autre statut que simplement sorti de ton imagination. Ça a un ancrage dans le réel si ce réel est infini. Je ne sais pas si ceci participe d'une théorie quelconque, je te fais part d'une réflexion personnelle.
Les propos tenus entre Herman Byrd et Lionel Estève, richement documentés et illustrés, sont ici autant d'entrées vers l'oeuvre de l'artiste, traversant l'universalité des matériaux, l'exactitude de la couleur, la perception de la lumière, l'univers de l'enfance. L'artiste et son interlocuteur nous emmènent en creux dans ce travail.
Né en 1967 à Lyon, Lionel Estève vit et travaille à Bruxelles.
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Céleste Boursier-Mougenot est un artiste dont la pratique s'enracine dans une expérience musicale, à laquelle il a entrepris de donner une forme autonome au travers d'installations. En 2015, il représente la France à la Biennale de Venise et conçoit l'exposition « Rêvolutions » comme un îlot organique, avec la commissaire Emma Lavigne. Le catalogue éponyme fournit une documentation exhaustive sur le projet.
Le pavillon français est partiellement recouvert par l'écume de bruitformé, texture en expansion qui, sous l'effet de la gravité, s'écoule lentement du haut du bâtiment, épousant ses formes et transformant son architecture néoclassique en un organisme mouvant, vivant, qui se développe au gré du « bruit », notion étendue à des perturbations ou flux d'informations captés et détournés pour nourrir cette persistance. Les arbres mobiles de transHumUs, fichés dans leur motte, se déplacent lentement en oscillant sur eux-mêmes. Ils inventent une chorégraphie à l'intérieur et à l'extérieur du pavillon, et engendrent leur propre partition sonore à partir des courants électriques basse tension qu'ils génèrent. Les visiteurs devenus spectateurs peuvent suivre leurs évolutions hypnotiques en se lovant dans de vastes sofas en hémicycle ou en s'immergeant dans l'océan de sons générés par les arbres, dans la pénombre de deux camera obscura qui renvoient une image renversée des arbres et des nuages.
Céleste Boursier-Mougenot ravive notre goût pour le merveilleux des jardins maniéristes italiens tout en réaffirmant sa contemporanéité et la dimension politique qui le sous-tend. Il s'agit de s'emparer des systèmes de contrôle des êtres vivants et de leurs déplacements, pour composer une oeuvre poétique où l'humain sensible semble pouvoir habiter des espaces de liberté et de beauté déviante.
Le catalogue réunit des essais de trois auteurs, Emma Lavigne, commissaire associée au projet, Emanuele Quinz, histoirien d'art, Hervé Brunon, historien des jardins et du paysage. Ces essais sont accompagnés d'illustrations de référence et prolongés par un ensemble de vues de « Rêvolutions » composé avec le flux et le temps des oeuvres comme des visiteurs.
Publié à l'occasion de l'exposition éponyme, Pavillon français de la 56e Exposition internationale d'arts visuels - La Biennale di Venezia, du 9 mai au 22 novembre 2015.
Présentés exclusivement dans les lieux d'art contemporain, les travaux de Céleste Boursier-Mougenot (né en 1961 à Nice, vit et travaille à Sète) sont à considérer avant tout comme ceux d'un musicien. Après avoir été compositeur jusque dans les années 1990, il entreprend de donner une forme autonome à sa musique en réalisant des installations. À partir de matériaux, de situations ou d'objets les plus divers dont il extrait un potentiel musical, il élabore des dispositifs qui étendent la notion de partition aux configurations hétérodoxes des matériaux et des médias qu'il emploie pour générer, le plus souvent en direct, des formes sonores qu'il qualifie de vivantes. Déployé en relation avec les données architecturales ou environnementales des lieux d'exposition, chaque dispositif constitue le cadre propice à une expérience d'écoute en livrant, au regard et à la compréhension du visiteur, le processus qui engendre la musique.
Céleste Boursier-Mougenot considère, en premier lieu, le livre comme de l'espace, un support pour l'expérience du lecteur, dans lequel il est question de faire entrer du temporel, le temps de la lecture.
Céleste Boursier-Mougenot représente la France à la Biennale de Venise 2015.
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Si, après dix ans d'activité, états seconds est le premier livre monographique de Céleste Boursier-Mougenot (né en 1961 à Nice, vit et travaille à Sète), c'est que la conception du livre a pu être menée pendant l'exposition qui porte le même titre, au Frac Champagne-Ardenne à Reims, l'été 2006. Présentés exclusivement dans les lieux d'art contemporain, les travaux de Céleste Boursier-Mougenot, sont à considérer avant tout comme ceux d'un musicien. Après avoir compositeur de 1985 à 1994, il entreprend de donner une forme autonome à sa musique en réalisant des installations. À partir de matériaux, de situations ou d'objets les plus divers, dont il parvient à extraire un potentiel musical, il élabore des dispositifs qui étendent la notion de partition aux configurations hétérodoxes des matériaux et des médias qu'il emploie, pour générer, le plus souvent en direct, des formes sonores qu'il qualifie de vivantes. Déployé, en relation avec les données architecturales ou environnementales des lieux d'exposition, chaque dispositif constitue le cadre propice à une expérience d'écoute en livrant, au regard et à la compréhension du visiteur, le processus qui engendre la musique. Céleste Boursier-Mougenot considère, en premier lieu, le livre comme de l'espace, un support pour l'expérience du lecteur, dans lequel il est question de faire entrer du temporel, le temps de la lecture. Ce livre est comparable à un dispositif qui induit une situation spécifique, une relation particulière au travail de l'artiste et toutes les formes d'approches que cette relation suppose du point de vue du lecteur. Il est un matériau autant qu'un média. À l'instar de l'ensemble des matériaux ou moyens employés par Céleste Boursier-Mougenot dans ses réalisations, des mots, de la parole, ou du texte trouvent leur place en tant que composant dans le processus du livre. Les texte, non seulement nourrissent le lecteur, mais aussi, alimentent la démarche et la réflexion de l'artiste. Avec l'oeuvre intitulée index, présentée pour la première fois au Frac Champagne-Ardenne à l'été 2006, le livre pouvait s'inscrire plus loin encore dans le processus de création. Céleste Boursier-Mougenot a conçu un programme informatique qui analyse l'activité scripturale et en extrait des éléments textuels pour produire une partition musicale. Cette partition est transmise à un piano de type disklavier qui les joue en direct.